
Les Vikings
Les Vikings en France : des premiers raids à la Normandie
Pendant plus d’un siècle, des navires venus de Scandinavie ont remonté la Seine, la Loire et la Garonne. Ils ont pillé des abbayes, rançonné Paris, et fini par recevoir une province entière : la Normandie.
Voici comment des pillards sont devenus des ducs, en six dates.
Six dates pour comprendre

Vers 799
Les premiers raids sur la côte
Quelques années après le pillage de Lindisfarne, en Angleterre (793), des pillards du Nord frappent les îles de la côte atlantique. Le monastère de Noirmoutier, isolé et riche, est l’une des premières cibles.
Qui étaient les Vikings
841 – 843
Rouen, puis Nantes
En 841, une flotte remonte la Seine et pille Rouen et l’abbaye de Jumièges. En juin 843, les Vikings entrent dans Nantes un jour de fête et tuent l’évêque Gohard dans sa cathédrale.

Mars 845
Paris paie pour la première fois
Un chef nommé Ragnar remonte la Seine avec plus d’une centaine de navires et entre dans Paris à Pâques. Le roi Charles le Chauve achète leur départ : 7 000 livres d’argent. Le précédent est posé, et les Vikings reviendront.
L’ère des raids
885 – 886
Le grand siège de Paris
Cette fois, Paris résiste près d’un an, derrière le comte Eudes et l’évêque Gozlin. L’empereur Charles le Gros finit par payer et laisser passer la flotte vers la Bourgogne. Eudes, le défenseur de Paris, devient roi en 888.

911
Saint-Clair-sur-Epte : la Normandie
Le roi Charles le Simple confie à Rollon, chef viking installé autour de Rouen, la région qu’il occupe déjà, à charge de la défendre contre les autres Vikings. Aucun texte du traité n’a survécu, mais ses effets sont certains : Rollon est baptisé, et ses descendants deviennent ducs de Normandie.
La Normandie et le grand large
1066
Un Normand sur le trône d’Angleterre
Cinq générations après Rollon, Guillaume, duc de Normandie, traverse la Manche et bat le roi Harold à Hastings. Les descendants des Vikings installés en France conquièrent l’Angleterre.
La fin de l’âge viking
Pourquoi la France était une cible
Les abbayes gardaient l’or des reliquaires, l’argent des offrandes et des réserves de nourriture, sans murailles ni soldats. Les grands fleuves menaient les navires vikings, à fond plat, jusqu’au cœur du royaume.
Et le moment s’y prêtait : après la mort de Louis le Pieux en 840, ses fils se disputent l’empire de Charlemagne, partagé en 843. Les Vikings frappent un royaume divisé, dont les comtes défendent d’abord leurs terres.
Ce qui reste des Vikings en Normandie
Le mot Normandie lui-même : le pays des « hommes du Nord ». Des dizaines de noms de lieux viennent du vieux norrois, comme ceux en -tot (Yvetot), en -bec (Caudebec) ou en -fleur (Honfleur, Barfleur).
En revanche, les casques à cornes n’ont jamais existé : aucun n’a été retrouvé dans une tombe viking. Ils viennent des costumes d’opéra du XIXe siècle.
La collection Vikings, en quatre modules
Quarante leçons de moins d’une minute, de la Scandinavie des fermiers à la conquête de 1066, avec un quiz après chacune et les sources sous chaque leçon.
Questions fréquentes
- Quand les Vikings sont-ils arrivés en France ?
- Les premiers raids frappent la côte atlantique vers 799. Ils se multiplient à partir de 841, avec le pillage de Rouen, puis de Nantes en 843 et de Paris en 845.
- Combien de fois les Vikings ont-ils attaqué Paris ?
- Plusieurs fois au IXe siècle. Les deux attaques les plus célèbres sont celle de 845, quand Charles le Chauve paie 7 000 livres d’argent pour leur départ, et le grand siège de 885-886, où la ville résiste près d’un an.
- Pourquoi la Normandie s’appelle-t-elle ainsi ?
- Parce qu’elle a été confiée en 911 à des « Normands », les hommes du Nord, menés par Rollon. Ses descendants ont porté le titre de ducs de Normandie.
- Guillaume le Conquérant était-il un Viking ?
- Il descend de Rollon à la cinquième génération, mais en 1066 les Normands parlent français et sont chrétiens depuis plus d’un siècle. Il est l’héritier des Vikings, pas un Viking.
À lire aussi
Les Vikings, en quarante leçons
Un module offert, pour toujours. Sur iPhone et Android.
